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lundi 4 novembre 2013

Ginger, entre quatre murs

Vous vous en souvenez, j'ai eu la chance dernièrement de participer à un dîner de blogueurs chez Ginger qui nous a ouvert les portes de son appartement que j'ai découvert alors pour la toute première fois.

Ginger, vous la connaissez comme moi : c'est une jeune fille blonde (physiquement), aux doigts verts, passionnée d'histoire et d'Audrey Pulvar, qui porte un chapeau, se pose des questions existentielles et surtout nous fait tous bien rire, ce qui n'a pas de prix, surtout par les temps qui courent où les blogs sont peut-être le dernier rempart contre la société de consommation et la dernière chose qui nous reste après avoir réglé nos impôts.

Bref, Ginger, c'est une fille qui a un cœur gros comme un écran 17 pouces et qui nous met le sourire aux lèvres dès le matin quand elle publie ses articles à 7h30 précises (parce qu'en plus elle est ponctuelle).

Tout cela est très sympathique, mais, dans les faits, cela ne nous avance guère. Qui est vraiment Ginger ? Dort-elle avec son chapeau ? Est-elle plutôt blonde platine ou blonde cendrée ? Juilletiste ou aoûtienne ? Se montre-t-elle drôle dans toutes les circonstances de sa vie ou seulement à 99 % ? Travaille-t-elle dans un cirque ou sur un open space ?

Le mystère reste entier. C'est pourquoi je me permets aujourd'hui de lever un peu le voile sur une partie de l'univers de Ginger, à savoir les quelques dizaines de mètres carrés qui constituent son logement et que, avec son aimable autorisation, je vous emmène visiter avec moi.

Ginger occupe un appartement fort bien situé à deux pas d'un monoprix (vous le savez déjà), dans un immeuble parfaitement équipé en boîtes aux lettres, ascenseur et digicode. Pas de paillasson à l'entrée, ce qui nous renseigne déjà sur un point : Ginger a toujours la semelle propre, ou bien sinon elle s'essuie sur celui des voisins.

L'appartement de Ginger est coquet et l'on s'y sent bien, d'autant qu'il est peuplé de tout un tas de blogueurs (en tout cas la seule fois que j'y suis entrée), et que la présence d'autres blogueurs, malheureusement absents ce soir-là, était toutefois rappelée dans la décoration.



Les oiseaux en tissu, un cadeau d'Alphonsine
 
On en apprend beaucoup sur les gens en pénétrant chez eux. C'est ainsi que je peux vous affirmer que Ginger a toujours bien chaud au cou, qu'elle collectionne les bougies chauffe-plat et qu'elle se passionne pour les coquillages et crustacés.



Cela fait longtemps que Ginger n'a pas joué au ping-pong



La collection d'écharpes de Ginger



Un souffle d'air marin dans la salle de bain de Ginger
 
Enfin, je terminerais par cette photo qui synthétise, en quelques pixels, l'essentiel de la personnalité de Ginger, working girl sportive, connectée, aimant la nature et les tapis de sol.
 

Ginger, une femme accomplie
 
Vous savez tout, désormais, ou presque, sur Ginger, tout, sauf, bien-sûr, et comme moi d'ailleurs, le sujet de son prochain billet.... Rendez-vous un de ces quatre matins à 7h30, j'espère !
 
 
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jeudi 24 octobre 2013

10 ans après

Nous étions une douzaine, c'était l'année de nos vingt ans, (vingt et un pour les plus âgés), nous faisions partie d'une même association étudiante. Nous nous sommes dispersés, plus ou moins perdus de vue, et dix ans ont passé.

Il y a quelques semaines j'ai reçu un mail me conviant aux retrouvailles des anciens de l'association à l'occasion de son dixième anniversaire.

Je n'ai pas été en mesure de m'y rendre, mais j'ai reçu récemment dans un mail les photos de la rencontre, et j'ai lancé le diaporama, curieuse de revoir les visages de ces personnalités dont j'avais été très proche l'espace de quelques mois.

Parmi les participants à la réunion, il y avait Paul. Je ne l'ai même pas reconnu. J'en gardais le souvenir d'un post-adolescent maigrichon et réservé, les cheveux longs noués en queue de cheval, vêtu d'un T-shirt informe. Sur les photos, j'ai découvert avec plaisir un trentenaire souriant, à la stature normale, aux cheveux courts et à l'air épanoui.

Et puis il y avait Fabrice et Véronique, son épouse – que je connais depuis dix ans aussi puisqu'elle faisait partie du même groupe d'amis –, accompagnés de leurs deux petites filles. Véronique posait, souriante, le regard décidé derrière ses petites lunettes carrées, visiblement très satisfaite de sa situation personnelle. Un peu en retrait, Fabrice au contraire m'a eu l'air d'avoir pris, non pas dix, mais vingt ans : le visage émacié, l'air renfermé, presque triste, sans aucun trait du caractère un peu enjoué que je lui connaissais, le tout renforcé par le grisonnement prononcé de ses cheveux, comme si l'épanouissement de l'une s'était manifesté au détriment de l'autre...

Il y avait aussi Mathieu, le crâne un peu dégarni, mais plein d'assurance, arborant un sourire satisfait et des lunettes de soleil – malgré le temps gris – , les mains dans les poches, présent physiquement, mais paraissant ailleurs, comme absorbé dans une contemplation infinie... de lui-même ?

J'ai bien reconnu Thomas, qui a peu changé, mais il faut dire que Thomas a toujours fait un peu vieux, d'ailleurs à l'époque ne l'appelions-nous pas déjà « Papi » ?

Il y avait aussi Nicolas et Séverine, l'éternel jeune couple rentrant à peine de deux années passées dans l'humanitaire à l'étranger, mais, dans leur cas, j'ai été surprise de prime abord non par leur évolution mais plutôt par le fait qu'ils n'avaient pas changé du tout. A y regarder de plus près, Séverine, elle, accuse la décennie passée, son visage s'est un peu élargi, un peu alourdi. Mais Nicolas, lui, semble sorti directement de mes vieilles photos d'étudiante, avec son polo gris et un pull qu'il aurait tout à fait pu porter alors, sa façon de ne pas se tenir très droit et son sourire un peu indéterminé... Il pourrait se confondre avec les étudiants de dix ans nos cadets sans que personne ne se rende compte qu'il les a largement dépassés en âge.

Et puis il y avait Antoine, bien reconnaissable malgré son bouc et ses dix kilos de plus ; Céline, qui m'a parue fatiguée, accompagné de Victor, dont le visage s'est arrondi, avec leurs deux enfants qui s'amusaient en compagnie de ceux de Fabrice et Véronique, représentant à eux quatre la jeune génération dont nous faisions encore partie il y a dix ans.

Fin du diaporama.

Je n'avais pas bien réalisé. A trente ans, on se sent toujours aussi jeune et en possession de ses moyens. Les changements physiques, plus ou moins marqués, sont rendus imperceptibles par la fréquentation quotidienne de notre miroir, et une décennie s'ajoute, si vite passée, sans paraître laisser de trace.

Et pourtant... à découvrir cette série de photos, j'ai réalisé combien, oui, dix ans avaient passé. Mais ce qui m'a le plus frappée, au delà de l'embonpoint des uns ou des cheveux grisonnants des autres, c'est combien les expressions, les regards, les sourires ont pu se transformer, témoignant de l'évolution intérieure que nous avons traversée au cours de ces dix dernières années.

La prochaine décennie nous fera vieillir physiquement... mais la précédente a fait, pour le meilleur ou pour le pire, des jeunes gens que nous étions, les adultes que nous serons probablement désormais tout le reste de notre vie.



Rendez-vous dans dix ans ?
 


 
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