lundi 8 septembre 2014

Il ne faut pas jouer avec le feu (des nouvelles de Xavier)

Impossible de reprendre du service sur ce blog sans vous donner des nouvelles de Xavier, bien-sûr !

Xavier, dont l'histoire familiale a été marquée par un dramatique incendie et qui, vous vous en souvenez, a vu deux logements successivement dévorés par les flammes en quelques semaines.

Mais vous n'avez pas oublié que le mauvais sort semblait avoir définitivement cessé de tourmenter le pauvre Xavier, et que la bonne fortune recouvrée s'est manifestée en mai dernier par le gain de quatre places de cirque à la tombola du club de hockey de son fils.

Ce que vous ignorez, par contre, c'est que quelques semaines plus tard, la chance souriait à nouveau à l'heureux Xavier et à toute sa famille, le désignant parmi tous les parents d'élèves comme le gagnant de l'un des plus fameux prix de la loterie de la fête de l'école : une magnifique centrale vapeur.

Bien-sûr, les mauvaises langues prétendront que le fait que Xavier tienne le rôle de secrétaire général de l'association des parents d'élèves n'est pas étranger à ce succès inespéré. Pour ma part, et vous ne me contredirez pas, je préfère y voir la preuve que la vie se montre à nouveau clémente avec Xavier qui pourra désormais, sans crainte ni arrière-pensée, repasser ses chemises sous son toit neuf.

Je formulerai un seul vœu, toutefois, à l'intention de Xavier. Si la chance, les dieux et les éléments le couvrent de leur ombre protectrice et bienfaisante, qu'il n'oublie pas pour autant dans son bonheur de bien surveiller ses héritiers.

Car la semaine dernière, mes fils m'ont confié avoir vu l'aîné de Xavier, âgé de six ans, jouer avec un briquet.
 

mercredi 3 septembre 2014

Roméo et Juliette

Ils se sont tant aimés que le monde entier résonne encore de leurs serments enflammés ; ils ont tant soupiré et gémi que le monde entier bruit encore de leurs détresse infinie ; ils ont tant souffert que le monde entier pleure encore leur destinée brisée.

Mais dans le monde entier rien sinon la mort ne pouvait réunir ces deux êtres que tout – le monde, les hommes et les lois – séparait.
 




Et pourtant, des centaines d'années plus tard, l'histoire semble revivre.

Elle n'a pas grand chose à voir avec les Capulet, il ignore tout des Montaigu ; la cour d'école où ils joueront à la marelle évoque peu les marbres de Vérone, et le tube de colle qui les a réunis sur la première page de leur cahier de vie n'a pas le génie inspiré d'un Shakespeare.

Mais dans la classe de moyenne section de mon fils, ils se sont enfin retrouvés.
 

Il faudra quand-même se séparer à l'heure des mamans, Roméo et Juliette...
 


 


lundi 1 septembre 2014

Une rentrée bien préparée

Il y a plusieurs façon de préparer la rentrée. La plus classique, celle que recommandent tous les magasines féminins, la plupart des blogs de mamans et une grande majorité de mères de famille, tient en deux mots : organisation et anticipation.

- Les fournitures, je les ai achetées en juillet, m'a expliqué vendredi Bénédicte, une mère de famille dont la fille est dans la classe de mon fils.
- Pareil, tout est prêt pour nous, a répondu Bénédicte, une autre mère de famille portant le même prénom et qui a également un enfant dans la classe du mien.
- Il ne me reste que l'inscription à la piscine.
- Pour le conservatoire, je l'ai inscrit en juin.
 
Et puis il y a la deuxième méthode, celle de Rose-Marie.

Rose-Marie, elle aussi, a un enfant dans la classe du mien. Depuis le banc du jardin public où je me tenais en compagnie des deux Bénédicte qui se félicitaient d'avoir si bien préparé la rentrée imminente, nous avons vu Rose-Marie, tout juste revenue de vacances, arrivant en souriant d'un pas léger, le regard rêveur et distrait, portant sur la hanche un bébé aussi dodu que sa mère est fine et élancée (il doit tenir de son père).

- Au fait les filles, a demandé Rose-Marie avec un sourire désarmant de candeur après que nous ayons échangé des banalités sur le temps et les vacances, au fait... vous allez penser que je ne suis pas bien renseignée, mais, dites-moi... c'est quel jour exactement la rentrée ?



Bien préparée ou non, je vous souhaite une très bonne rentrée !
(Et si vous trouvez quelque part des stylos bille pointe fine avec emplacement caoutchouté pour les doigts, faites-moi signe, il me reste 24 heures pour compléter mes courses de fournitures!)
 
 
 
 

samedi 23 août 2014

De retour !

Il fallait s'y attendre : trois mois ont passé depuis la naissance et il est temps de reprendre. D'ailleurs, un blogueur et ami m'a récemment demandé quand je revenais... mais sans doute a-t-il compris mon silence, lui qui attend son quatrième enfant. Car les mois qui suivent une naissance sont en général bien remplis...

Et puis les semaines passées avaient en prime un goût de vacances. Un goût d'herbe fraîche et de foins coupés, un goût de soleil et de brise légère, un goût d'insouciance et de paresse, un goût d'air marin aussi, sur fond d'écume et de grandes marées.

Et surtout, elles avaient le goût des toutes premières fois. Les premiers sourires, les premiers babils, les joues rondes et les membres potelés, la peau toute douce et le tout petit corps – plus si petit d'ailleurs – tout chaud et paisible endormi dans les bras.

Maintenant que les nuits sont meilleures et les journées plus régulières, les vêtements taille naissance trop petits et les affaires de plage rangées au fond du garage, mon ordinateur s'impatiente de servir enfin à autre chose qu'aux soldes en ligne et aux commandes de courses. Les idées commencent à se bousculer à nouveau, les contacts me manquent et j'ai hâte de vous retrouver !

Car cette reprise n'a rien de douloureux : août brille encore et entre deux billets, notre cinquième enfant n'a pas fini de s'endormir dans mes bras...
 



 

 
 
 

dimanche 1 juin 2014

Les fleurs de Tante Claudine

Vous n'avez peut-être pas oublié Tante Claudine, une parente de mon mari, ni son goût pour les enterrements, les maladies graves et même les amputations.
 
Il faut pourtant lui rendre justice et compléter ce tableau, un peu sombre, en vous expliquant combien, en contrepartie, Tante Claudine raffole des naissances.
 
Au mois de janvier dernier, mon mari lui a envoyé une carte de vœux lui annonçant l'arrivée prochaine d'un cinquième enfant dans notre foyer.
 
Tante Claudine nous a téléphoné quelques jours plus tard ; et c'est mon mari qui a eu le plaisir de recevoir ses chaleureuses félicitations.
 
- Bonjour, c'est Tante Claudine. Euh...
 
Tante Claudine semblait marcher sur des œufs.
 
- Nous avons bien reçu votre carte... On a été très étonnés...
 
Tante Claudine fait une pause avant de reprendre.
 
- Oui, on ne s'y attendait pas du tout... On s'était dit, pour votre quatrième enfant, qu'après trois garçons vous vouliez une fille... Mais là... un cinquième enfant... on n'a pas compris...
 
Il est vrai que mon mari et moi avions malencontreusement oublié de demander la permission de Tante Claudine avant de songer à agrandir la famille (et que nous avons désormais une fille).
 
Quelques mois plus tard, il y a deux semaines, mon mari a repris son téléphone pour annoncer l'heureuse nouvelle de la naissance du cinquième enfant en question.
 
- Félicitations, a concédé Tante Claudine qui, à dix heures du matin, sortait à peine du lit, avant d'enchaîner sans transition : Tu sais que j'ai eu des nouvelles d'Adam ?
 
Et mon mari d'écouter par le menu les dernières nouvelles de l'unique petit-fils de Tante Claudine, avant que celle-ci, une demi-heure plus tard, ne songe à s'enquérir de la santé de notre nouveau-né.
 
Cela n'a pas empêché Tante Claudine de faire livrer à notre domicile une magnifique composition florale, comme elle le fait généreusement à chaque naissance – et même pour la cinquième : Tante Claudine n'est pas rancunière. Nous en avons remercié Tante Claudine et Oncle Maurice par un petit mail reconnaissant.
 
Deux jours plus tard, un dimanche soir, nous trouvions un message sur notre répondeur téléphonique – deux messages, même. C'était Tante Claudine.
 
- Bonjour, je voulais savoir si vous avez téléphoné à Juliette pour lui annoncer la naissance.
 
Tante Claudine ne s'était jamais enquise auparavant de savoir si nous informions Juliette, sa marraine, des naissances de nos enfants. Maintenant que Juliette a déménagé tout près de chez elle, et que Tante Claudine ne lui a rendu visite qu'une seule et unique fois en deux ans, il semblerait que Tante Claudine compte sur nous pour compenser ses propres insuffisances.
 
Le second message avait été laissé juste après le premier.
 
- Je voulais aussi vous demander si vous pouviez faire une photo de tous les enfants avec les fleurs, pour que je puisse les voir... les fleurs. Et une photo de tous les enfants avec Albane. Et avec les fleurs. Et puis ensuite si Albane peut prendre les enfants avec leur papa... et avec les fleurs, et nous envoyer les photos.
 
Les fleurs de Tante Claudine trônent sur la table de la salle à manger depuis une semaine. Elles sont splendides, quoiqu'un peu fanées maintenant, mais – est-ce l'alliance audacieuse du rose fushia et de l'orange vif ? – je n'éprouve qu'un plaisir mitigé à leur vue...
 

Les fleurs de Tante Claudine dépérissent à vue d’œil...
Le nouveau-né, lui, est on ne peut plus florissant !
 
 

vendredi 23 mai 2014

Une toute petite vie

 
Un tout petit corps juste assez long pour tenir au creux de mon bras, une toute petite tête juste assez grande pour remplir la paume de ma main, un tout petit front juste assez haut pour le blottir contre mon cou, de toutes petites joues juste assez rondes pour y poser mes lèvres, une toute petite bouche juste assez grande pour satisfaire ton appétit, une toute petite main juste assez large pour la caresse d'un de mes doigts, de tout petits pieds pas même assez grands pour remplir ton tout petit pyjama...
 
Et tes grands yeux bleus si profonds où plonger mon regard dans ton âme.
 

Notre cinquième enfant est né lundi dernier.

C'est un garçon !


mercredi 7 mai 2014

Xavier : la chance tourne ?

Pardonnez-moi ma longue absence sur ce blog au cours des dernières semaines. Je vous dois des explications, du moins c'est l'usage, et je vous dirais que le coup d'envoi de la naissance approchant, diverses raisons – telles qu'un peu de fatigue, quelques jours de vacances, des anniversaires, et divers préparatifs – m'ont tenue hélas un peu à l'écart de la blogosphère.

Désormais, alors que ses voilages nimbent une nouvelle fois le berceau installé dans notre appartement, que le choix des prénoms est définitivement arrêté, qu'une valise à moitié remplie encombre la chambre, que j'ai achevé les travaux de couture prévus pour le nouveau-né (et pour moi-même), mis un point final à notre déclaration d'impôts et à quelques autres corvées domestiques, je me fais un plaisir de vous retrouver sur ce blog avant que les événements familiaux à venir très prochainement ne m'en laissent à nouveau moins le temps.

Mais à vrai dire il s'est passé quelque chose de si extraordinaire que je ne pouvais pas ne pas vous en rendre compte sur ce blog.

Il faut que je vous raconte.

Il y a quelques jours, nous étions conviés à dîner chez des amis, ainsi que quatre autres invités, parmi lesquels l'une des figures-clés de ce blog – j'ai nommé Xavier, que sans doute vous n'avez pas oublié.
Nous avons passé une très bonne soirée, agrémentée de la conversation de ce dernier, dispensant généreusement, à l'intention des convives qui en ignoraient le détail, le récit de l'incendie de sa maison, de celui qui a suivi dans son appartement provisoire, et du goût de son fils pour les déguisements de pompiers.

Je connaissais bien-sûr les anecdotes en question, mais une chose me troublait tandis que je les entendais ainsi relatées : contrairement à son habitude, Xavier, nonchalamment accoudé au dossier de sa chaise, dégustant son couscous et vidant son verre de vin rouge, avait l'air étonnement détendu, presque serein.

J'attendais malgré tout avec une impatience croissante, et une pointe d'anxiété, le nouveau chapitre de ses aventures : un troisième incendie, ou peut-être de nouvelles malédictions familiales, éventuellement le récit d'une inondation domestique, d'un cambriolage, ou de quelque autre sinistre.

Mais rien ne vint. Jusqu'à ce que j'entende Xavier demander brutalement :

- Et savez-vous ce qui s'est passé ce matin, au match de hockey de notre fils ?

Vous imaginez combien cette question a pu éveiller ma curiosité.

- Nous avons gagné à la tombola : quatre places pour un spectacle de cirque !

Il semble bien que la chance ait tourné. Xavier, que certains parmi les lecteurs de ce blog surnommaient « Monsieur La poisse », Xavier, cette année, pourra offrir à ses enfants, au lieu du spectacle terrifiant des flammes dévastant sa maison, celui, féerique, de clowns désopilants, d'habiles jongleurs et de formidables dompteurs évoluant sur la piste sous le regard émerveillé des spectateurs.

Vous comprenez désormais que je ne pouvais garder plus longtemps cette incroyable nouvelle pour moi seule.


Ceci dit, attention aux cracheurs de feu tout de même...